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Historique de la ville


Premiers Développements

Le 7 avril 1914, le maire fondateur de la ville, James Ballie, tenait la première réunion de son conseil dans l'édifice du bureau de commerce, sur la rue Saint Alexandre. C'est à cette occasion qu'un chèque de 5000$ fut établi pour couvrir les frais d'incorporation de la ville. Les questions abordées lors de cette réunion portaient essentiellement sur les infrastructures et les équipements de base. Selon l'acte des cités et villes, la ville ne pourrait pas se développer tant qu'elle serait incapable d'offrir à ses résidants tous les services essentiels. La première priorité de la ville fut l'eau courante. Le 8 septembre 1914, Hampstead passa un accord avec la Montreal Water and Power Company. Le premier règlement adopté par le conseil ratifiait l'entente et proposait d'émettre un emprunt de 250 000 $ pour couvrir les frais d'installation d'un réseau de distribution d'eau. Malheureusement, la ville n'a eu accès à l'eau courante qu'à partir de 1921. La raison en était que la ville de Montréal refusait de donner au Montreal Water and Power Co. l'emprise nécessaire pour construire une conduite d'alimentation d'eau menant de Notre-Dame-de-Grâce à Hampstead. C'est pourquoi le contrat a finalement été résilié.


En effet, la ville de Montréal a tout fait pour empêcher Hampstead de réussir son départ en tant que ville. Après avoir signé une entente avec les officiels de Hampstead qui devait lui permettre de raccorder son système d'égout à l'égout collecteur de la ville de Côte St-Luc, la ville de Montréal a versé du ciment dans les tuyaux reliant les deux systèmes. L'objectif était d'empêcher Hampstead d'utiliser l'égout collecteur. Cette action provoqua de sérieuses inondations dans plusieurs des nouvelles résidences de la ville. En conséquence, Hampstead dût construire un autre réseau afin que celui-ci ne traverse pas les territoires relevant de Montréal. La ville de Montréal a même tenté à deux reprises d'annexer Hampstead, la première fois en 1916 puis la deuxième en 1924, sans succès. Entre temps, Hampstead se maintenait à flot, gardait son indépendance non seulement en tant que ville en bonne et due forme mais aussi comme un exemple remarquable de réussite.

Au cours de la première guerre mondiale, la ville se développait au ralenti. Le conseil réclama du financement additionnel pour le secteur des travaux municipaux et les opérations courantes. La croissance ne reprit qu'au cours des années 20. Le premier édifice fut construit en 1916 sur le site actuel du bureau d'arrondissement. Le manoir au coin du chemin de la Reine-Marie et du chemin Stanford était, à l'origine, un cadeau de noces du maire Baillie à son fils. Cependant, en 1920, seulement huit édifices avaient été construits dans la ville. En effet, pendant quelques années, la ville n'avait aucun règlement de construction propre et se référait plutôt à ceux de la ville de Westmount. Le règlement 16, voté en 1923, imposa des normes de construction très strictes. La ville désigna un inspecteur de la construction pour s'assurer du respect de ces normes. En 1926, le conseil vota un amendement à ses règlements de construction et créa une Commission consultative en architecture. Son mandat consistait à maintenir le caractère distinctif de la ville. La commission s'avéra être un outil efficace pour des dossiers irréprochable. Même au cours des périodes de croissance lente, elle resta l'une des clés du développement d'une communauté résidentielle cossue à Hampstead.

La difficulté des règlements de construction de la ville provenait du fait qu'ils permettaient uniquement la construction de structures détachées et semi-détachées. Ceci empêchait la construction d'écoles, d'églises, d'une caserne de pompiers et même d'un hôtel de ville. Sachant que la réussite du développement de son territoire nécessitait parfois ce type d'activité créatrice, le conseil se vit obligé de réduire certaines des restrictions à la construction. Dès février 1927, plusieurs des restrictions du règlement 16 furent levées pour permettre à la ville d'offrir aux éventuels résidents bon nombre des services attendus.


En 1925, avant même l'abrogation de certaines des restrictions à la construction, la ville bâtissait une école d'un étage sur le chemin Merton. En 1928, la bâtisse fut rénovée et un deuxième étage rajouté. En 1937, on ajouta un troisième étage. Puis enfin, en 1946, la ville a poursuivi la rénovation de l'édifice qui demeure,encore aujourd'hui, son unique école.

La caserne de pompiers de la ville fut construit au cours des années 20. À ce moment là, Hampstead commença aussi à offrir un service rudimentaire de police. En effet, jusqu'en 1934, le service de sécurité de la ville se limitait à deux agents patrouillant à pied ou à bicyclette. Ironiquement, aucune ville n'a connu de taux de criminalité plus bas depuis.

Quant aux institutions religieuses, les besoins de la ville étaient fort limités. À cette époque, la majorité des résidants de Hampstead étaient protestants. Ainsi, les officiels de la ville permirent-ils la construction de la Queen-Mary United Church en 1931. Puis, peu après, celle de l'église de Saint Malachy sur le chemin MacDonald pour répondre aux besoins de la population catholique de la ville.

Au fur et à mesure des modifications démographiques et au cours des années, Hampstead a toujours su s'adapter et répondre aux besoins de ses habitants. Éventuellement, on rajouta à la liste des institutions religieuses de Hampstead l'église Anglicane de St. Mathew's, l'église First Baptist, la synagogue Reconstructioniste et finalement la congrégation Adath Israel. Ces changements reflètent l'évolution de la population de Hampstead au cours de la seconde moitié du siècle.

Ceci dit, la croissance importante de la population de Hampstead débuta vers la fin des années 20, ce qui marquait le début d'une période d'expansion sans précédent. Le développement atteignit son niveau maximum et la ville acquit la réputation d'une banlieue résidentielle exclusive.

Expansion


La période qui suivit la dépression a été une étape importante de l'évolution de la ville. C'est à ce moment que la ville rajouta deux importantes installations à sa liste déjà passablement longue de services. D'abord en réponse à des recommandations d'un comité spécial, le Conseil approuva la construction d'un club de golf privé. On considérait qu'un tel luxe attirerait des acheteurs potentiels et renforcerait la communauté encore peu nombreuse. Le Conseil de ville jugea aussi que le temps était venu d'organiser un système de transport en commun, une question qui revenait régulièrement à l'ordre du jour depuis le tout début de la ville. Le 4 février 1935, la Ville de Hampstead signait un accord avec la Compagnie de tramways de Montréal (Montreal Tramways Company). L'entente prévoyait une ligne d'autobus, dont les tarifs seraient de 0,05 $ pour les adultes et 0,02 $ pour les enfants, sur le chemin de la Reine Marie, jusqu'à la jonction Snowdon.


La stratégie du Conseil réussit à merveille. Non seulement ses initiatives bien inspirées ont-elles eu pour effet de combattre la morosité causée par la dépression économique, mais elles ont attiré beaucoup de gens. Entre 1929 et 1945, la population de la ville passait de 440 à 2268 résidants. Au cours des 11 années suivant l'inauguration du terrain de golf et la mise en place d'un système de transports en commun, la ville accueillait 1386 nouveaux résidants.

Afin de s'adapter à cette évolution, la Ville dût encore une fois modifier ses règlements de construction. En 1939, le règlement 90 fut voté pour permettre la construction de duplex sur les chemins Dufferin et MacDonald. Dès 1950, la Queen Victoria Construction Company avait déjà érigé plus de 150 duplex aux limites est de la ville. La Ville a aussi approuvé la construction d'immeubles résidentiels le long des 52,3 acres de terrain situé sur le Chemin de la Côte Saint Luc, annexé en 1925.

Ces actions visaient deux objectifs : d'abord la Ville reconnaissait la nécessité de fournir des logements à une population sans cesse grandissante. Les appartements et les duplex permettaient à la Ville de tirer pleinement partie de certains de ses terrains augmentant ainsi de manière très efficace son assiette de revenu. Le Conseil avait aussi la conviction que ces projets serviraient de tampon avec les zones commerciales, densément peuplées situées le long de la frontière avec Montréal. La ville pourrait maintenir son charme de « cité-jardin » alors même que Montréal poursuivait son processus d'urbanisation.

Une population en mutation


Les années d'après guerre furent aussi des années de grands changements dans la population de la ville. Presque du jour au lendemain, la répartition religieuse des résidants de la ville s'est trouvée sans dessus dessous. Au cours des premières années, la ville fut considérée comme étant principalement protestante. En 1945, 80 % des résidants étaient protestants, 16 % catholiques et 4 % juifs. En 1957 déjà, seulement 49 % des résidants étaient protestants, 22 % catholiques et 28 % juifs. Comme nous le disions ci-dessus, cette tendance se poursuit jusqu'à nos jours.

En plus des grandes transformations du profil religieux de la ville, la population a aussi connu une autre croissance significative au cours des années qui suivirent la deuxième guerre mondiale. Ceci provoqua une nouvelle demande de logement, alors que l'espace disponible se faisait très rare. En 1956, la Ville a demandé à un conseiller en planification de lui préparer un plan de développement. Son rapport Développement proposé pour la ville de Hampstead recommandait le développement de presque 109 acres de terrain vierge dans les secteurs nord et ouest de la ville. Le rapport articulait aussi la nécessité de développer le club de golf de 112,5 acres. Le plan fut présenté comme une opération en deux temps, touchant d'abord aux secteurs nord et ouest, pour ensuite se tourner vers le terrain de golf, proprement dit. Le plan fût approuvé et la seconde phase débuta dès 1970. Il en résulta un développement complet de tous les terrains disponibles formant ainsi le périmètre de la ville de Hampstead, tel que nous le connaissons aujourd'hui.

Le cadre dans lequel la ville de Hampstead a poussé est un exemple parfait de la théorie de la « Cité-jardin ». La ville s'est avérée être l'un des districts résidentiels les mieux appréciés sur l'île de Montréal. La philosophie des fondateurs de la ville a permis un contrôle strict de l'ensemble de son agencement, tout en encourageant une créativité compatible avec le cadre de ce grand projet. Il en est résulté un lieu où cohabitent la sécurité, la beauté et la tranquillité.

 

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